L' invitée du mois de juillet : Sandrine Delouille

Directrice Adjointe à l’IRFEDD (Institut Régional de Formation à l’Environnement et au Développement Durable)

On voit de plus en plus émerger les métiers dit verdissants. Quel est l’impact de cette dynamique sur l’emploi, la formation, les compétences qui seront demandées aux futur.e.s employé.e.s ? Réponse avec Sandrine Delouille, Directrice Adjointe à l’IRFEDD.


Aujourd’hui,  4 millions de personnes en France exercent un emploi dit « vert » qui se répartissent en deux catégories :

  • les « métiers verts»  (146 000 personnes) qui sont des professions à finalité environnementales tels que les agents de déchèterie, les agents d’entretien des rivières ou les ouvriers d’entretien des espaces naturels
  • et les « métiers verdissants» (3.8 millions de personnes en emploi)[1] dont l’exercice évolue avec les préoccupations environnementales (par exemple les professionnels du bâtiment, les responsables d’exploitation du transport ou des agents d’accueil touristique).

Pour notre région, l’ensemble de ces professionnels représentent  277  190 personnes soit 14.5 % de l’emploi régional.[2]

La Loi de Transition énergétique (LTVE votée en 2015) devrait booster les secteurs des énergies renouvelables, des transports doux et des véhicules électriques, de la valorisation des déchets et de l’économie circulaire (cf la FREC)[3], mais également le secteur du bâtiment. Les professionnels doivent dorénavant intégrer l’environnement dans l’ensemble de  leurs pratiques.

Les compétences spécifiques au verdissement des emplois se retrouvent dans les différentes filières. Par exemple dans le secteur du bâtiment avec l’utilisation de matériaux naturels pour une meilleure isolation (grâce à la paille par exemple) ou avec l’intégration des systèmes énergétiques.  Ces nouvelles pratiques  sont  nécessaires en vue de la prochaine réglementation thermique RT 2020[4] visant l’émergence  des bâtiments autonomes et à énergie positive (BEPOS). La mise en œuvre de la réglementation accélère  ainsi la montée en compétences des professionnels et des personnes en formation. C’est un véritable enjeu pour les prochaines décennies, que ce soit pour les constructions neuves ou la réhabilitation.

Certains domaines comme ceux du recyclage sont à priori peu attractifs mais permettent des postes d’opérateurs ou de responsables d’exploitation avec de belles carrières en perspective en France ou à l’international. La gestion de l’eau, l’assainissement et la gestion de nos déchets sont des sujets d’actualité pour plusieurs générations. Il y a des postes dans des start-up, des bureaux d’études, des grands groupes ou des collectivités. À savoir que les femmes sont encore peu représentées dans les métiers techniques, seulement 14 % !

Nous remarquons également un important développement des compétences numérique dans de nombreux secteurs notamment avec  l’émergence des « smarts cities » et l’arrivée de nouveaux métiers (Data scientist ou  IOT Designer). Notons également l’utilisation professionnelle de drones pour surveiller les récoltes dans des exploitations agricoles.

La formation accompagne nécessairement ces enjeux en intégrant ces nouvelles pratiques environnementales dans les formations qualifiantes et professionnalisantes, que ce soit par la voie de l’apprentissage ou par la formation continue.

[1] Chiffres publiés par l’ONEMEV Observatoire national des emplois et métiers de l’économie verte. Créé en 2010, cet observatoire mène des travaux au sein du Ministère de la transition écologique et solidaire

[2] Source ORM 2018

[3] FREC : Feuille de route pour l’économie circulaire proposant 50 mesures

[4] Elle sera en vigueur au 01 janvier 2021

Sandrine Delouille

Directrice Adjointe à l’IRFEDD (Institut régional de formation à l’environnement et au Développement Durable)

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