Ces concepts culinaires qui favorisent l’emploi dans la restauration

Favoriser l’insertion dans les métiers de la restauration, c’est possible ! Focus sur 3 restaurants marseillais qui ont relevé le défi.

Avec plus de 438 000 embauches dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, le secteur de l’Hôtellerie-Restauration se porte bien ! Avec plus de 14 000 établissements, la restauration représentent 73% de ces embauches. C’est donc un secteur qui offre de nombreuses opportunités.

Cependant, beaucoup de personnes souhaitant se lancer dans le secteur de la restauration n’ont pas eu les formations nécessaires et n’osent pas réaliser leur rêve. C’est pourquoi des associations et restaurants solidaires ont décidé de favoriser l’insertion et la création d’entreprises du secteur grâce à des projets ambitieux.

Un tiers-lieu culinaire à Marseille

À Marseille, le restaurant la Marmite Joyeuse s’est lancé un nouveau défi : devenir un espace collaboratif et coopératif de co-working culinaire. En proposant une cuisine et un restaurant partagés aux futurs entrepreneur.euse.s souhaitant se lancer dans la restauration, ce projet a pour vocation de favoriser la création d’entreprises dans les métiers de bouche (traiteur, restaurant, pâtissier, snack…).

Pour ceux qui souhaitent créer leur propre entreprise culinaire, il est souvent difficile d’avoir accès à une cuisine respectant les normes d’hygiène pour tester leur projet. Par ailleurs, ces personnes ne possèdent pas les compétences nécessaires en matière de management et gestion d’entreprises. De ce fait, de nombreuses personnes, en particulier celles en situation de précarité, n’osent pas se lancer dans leur projet. Et lorsqu’elles le font, elles sont vite confrontées à des situations de fragilité.

C’est pourquoi la Marmite Joyeuse a décidé, à partir de septembre 2020, de mettre à disposition un restaurant de 70 couverts mutualisable, un espace épicerie, et une cuisine partagée pouvant accueillir jusqu’à 4 entreprises sur la même période. La location ne coutera aux entrepreneur.euse.s que 50€ la journée, ce qui leur permettra de réaliser des bénéfices tout en ayant accès à une cuisine professionnelle complète. Les entrepreneur.euse.s pourront donc tester la rentabilité de leur projet tout en créant un premier contact avec la clientèle marseillaise avant de pouvoir voler de leurs propres ailes.

Aller en prison le temps d’un repas

En France, un détenu sur deux ne possède pas de diplôme. Afin de lutter contre la récidive, le traiteur marseillais la Table de Cana souhaite ouvrir un restaurant d’insertion au sein de l’établissement pénitentiaire des Baumettes afin de pouvoir former les détenus en fin de peine aux métiers de la restauration.

En 2019, la Table de Cana avait déjà effectué une formation expérimentale de 6 mois avec huit détenus en fin de peine. Deux jours par semaine, le restaurant solidaire la Cantine de Coco Velten a mis à disposition sa cuisine et son restaurant permettant aux 8 apprenants de travailler en condition professionnelle réelle tout en étant encadré par un chef.

Nommé les « Beaux Mets », le restaurant d’insertion basé au sein des Baumettes devrait ouvrir fin 2020. À travers ce projet, la Table de Cana souhaite aussi changer le regard sur le milieu  carcéral, c’est pourquoi le restaurant sera aussi accessible au grand public. Si vous êtes à la recherche d’un restaurant insolite, n’hésitez donc pas à y faire un tour ! Bon à savoir : pour pouvoir y déjeuner, il faudra réserver à l’avance, envoyer ses papiers d’identité puis passer les contrôles de sécurité de la prison.

Travailler dans la restauration avec un handicap, c’est possible !

Déconstruire les préjugés sur les handicaps tout en permettant l’intégration des personnes en situation de handicap, c’est le défi que s’est lancé Virginie Capitaine, fondatrice du Café [R]égal. En effet, ce café solidaire basé dans le 2ème arrondissement de Marseille recrute uniquement des personnes en situation de handicap pour les former aux métiers de la restauration.  Dès son ouverture en septembre 2019, l’établissement avait accueilli 4 stagiaires en stage de validation de projet professionnel, et pour 2020,  la fondatrice souhaiterait embaucher des apprentis en proposant une formation adaptée de 3 ans pour un CAP en restauration. « J’ai créé ce lieu pour susciter la rencontre entre les travailleurs handicapés et le grand public. » a expliqué la fondatrice.

Pour le menu, ce restaurant propose une cuisine maison avec des produits provençaux, bios ou d’agriculture raisonnée. Le restaurant favorise aussi le Zéro Déchet, en vendant tous ses plats dans des bocaux en verre consigné, même pour les plats à emporter. Et, bien évidemment, c’est un restaurant accessible pour toute personne à mobilité réduite !