Ces start-up qui surfent sur l’océan

Pour réduire la pollution des fonds marins, des start-up locales ont décidé d’agir en recyclant les déchets présents en mer.

Chaque année, plus de 9 millions de tonnes de déchets plastiques sont rejetées dans les mers et océans. Selon WWF, si rien n’est fait, la pollution mondiale des mers et océans pourrait doubler d’ici 2030 ! Face à ce fléau, des start-up ont décidé d’agir. Leur concept ? Donner une seconde vie aux déchets marins.

Transformer les déchets plastiques marins en carburant

L’association Plastic Odyssey, basée à Marseille, s’est donnée une mission : transformer le plastique non-recyclable des fonds marins en carburant pour bateau.

En 2018, son équipe a présenté le bateau-prototye Ulysse qui fonctionne grâce à cette technique innovante appelée la pyrolyse du plastique. Une très bonne initiative, sachant que la Méditerranée est la mer la plus polluée au monde, avec un fort taux de micro-plastiques dans ses eaux.

Ce bateau-prototype de 6 mètres a fait une tournée promotionnelle en France tout au long de l’année 2018, afin de faire connaître l’association et son projet. Parce que leur aventure ne fait que commencer ! En janvier 2021, un équipe composée de 12 personnes montera à bord du navire-laboratoire Plastic Odyssey et fera un tour du monde de trois ans avec plusieurs dizaines d’escales sur les côtes d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Sud.

 À travers cette expédition, Plastic Odyssey souhaite sensibiliser davantage les populations locales de ces continents à l’importance du recyclage du plastique. Car s’il y a moins de déchets sur terre, il y en aura donc moins dans la mer. En effet, selon une étude de Science Magazine, recycler 1 déchet sur 2 permettrait d’éviter plus de 45% de la pollution des fonds marins !

Le navire-laboratoire Plastic Odyssey Source : PlasticOdyssey.org

Des produits éco-conçus à partir de déchets marins

Créée en 2018, Sauvage est une marque associative marseillaise qui vend des produits éco-conçus à partir de déchets sauvages (plastiques marins, filets de pêche, voiles usagées…). Ils sont collectés par les associations locales de protection de l’environnement (Palana Environnement, 1 Déchet par Jour / 1 Piece of Rubbish, Clean My Calanques…) et sont ensuite acheminés à l’atelier de Sauvage, situé à Aix-en-Provence.

La marque éco-responsable propose une gamme de produits entièrement réalisés à la main : bracelets, pochettes, porte-clés, sacs, thermos… L’achat de chaque produit permet de financer des opérations de récupération de filets de pèches perdus.

Bracelets en filet de pêche. Source : sauvage-med.fr

Le jean en plastique recyclable à l’infini

Le recyclage du plastique, c’est fantastique ! La marque marseillaise 1083 a redonné vie à un atelier de création et fabrique des jeans 100% recyclés et 100 % recyclables, confectionnés avec du polyester venant de plastique marin. La  fabrication se fait en circuit-court et en France : teinture, tissage et confection sont réalisés à moins de 1 083km de chez vous !

1083 est aussi la première marque de mode française à proposer un système de consigne. Une fois que le jean est trop usé, l’usager.ère pourra le retourner à 1083 et sera remboursé.e de 20€. Après réception, les jeans seront broyés pour être retransformés en fil afin d’en fabriquer de nouveaux. Bref, c’est un cercle éco-responsable infini !

Source : 1083.fr

Revaloriser des voiles en fin de vie

Rien ne se perd, tout se transforme, même les voiles de bateau ! Les Toiles du Large, entreprise créée à La Ciotat en 2005, transforme d’anciennes voiles de bateaux en objets durables (sacs, coussins, transats, accessoires, objets de décoration…). Tous les produits sont confectionnés à la main dans leurs deux ateliers-boutiques basés à La Ciotat et Marseille.

Et pour inciter à recycler les voiles de bateau, la marque propose le concept « une voile, un sac » : chaque donneur.euse de voile reçoit un sac fabriqué gratuitement dans sa propre voile !

Par ailleurs, Les Toiles du Large travaille aussi avec des établissements et services d’aide par le travail (ESAT) afin de favoriser l’insertion de personnes en situation de handicap. Ainsi, la démarche de l’entreprise est à la fois écologique, solidaire et sociale !

Sac en toile de voile. Source : lestoilesdularge.com

De plus en plus d’initiatives venant d’associations et de start-up permettent de valoriser les déchets marins et de réduire la pollution qu’ils engendrent. Les métiers dans ce domaine émergent ! Selon Clic&Sea, la plateforme emploi du maritime, des milliers d’emplois liés au nettoyage et à la dépollution des mers et océans pourraient être créés en France dans les dix prochaines années. Plusieurs types de profils sont recherchés : marins, plongeur.euse.s, scientifiques, spécialistes de l’environnement, et surtout ingénieur.e.s car ils.elles vont permettre de développer de nombreuses innovations.

Alors, si vous avez une idée pour nettoyer nos fonds marins, lancez votre projet !